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Quelques jours avant le grand meeting de la circonscription Ouest, à Rezé, le 27 mai, Martine Aubry rappelle l’enjeu des élections
du 7 juin.
Cap Finistère : Comment juges-tu la mobilisation du Parti Socialiste pour ces élections européennes ?
Martine Aubry : Le contexte est difficile car la droite refuse d’avoir un débat politique sur ces élections. Les médias ont très
peu de parlé de la campagne électorale jusqu’à ce que le président de la République commence à parler d’Europe.
En réalité, l’UMP cherche à dissimuler son bilan, avec ses alliés de droite majoritaire au Conseil Européen comme au Parlement.
Il faut expliquer aux Français que cette Europe libérale, qu’ils ont contestée en votant non au
référendum, cette Europe libérale dont ils se méfient, ce n’est pas la nôtre.
Ce n’est pas nous qui avons voulu une directive sur la durée du travail qui peut aller jusqu’à 65 heures
par semaine. Ce n’est pas nous qui avons proposé la directive Bolkestein, et sans les socialistes européens, elle serait passée.
Ce n’est pas nous qui n’avons pas réussi à faire un plan coordonné de relance contre la crise. Quand
Nicolas Sarkozy a voulu en faire un au niveau européen, on lui a dit : faites-en d’abord un en France, et après, vous nous donnerez des leçons.
La campagne est désormais dans une seconde phase. La première nous imposait de relier l’UMP, le PPE et
les politiques libérales et de dérégulations. Nous étions donc essentiellement dans la critique et la sanction. Maintenant que le débat européen peut s’engager, nous devons démontrer que
le vote socialiste est le vote efficace, non seulement pour sanctionner, mais pour changer l’Europe.
Je trouve les militants du Parti mobilisés. Mobilisés nombreux dans la rue le 1er mai mais
aussi lors des grandes journées de mobilisation syndicale. Et mobilisé dans le porte-à-porte, dans les réunions d’appartement pour défendre notre vision d’une Europe protectrice et
porteuse de progrès social.
Cap Finistère : En quoi l’élection du 7 juin est-elle si
importante ?
Martine Aubry : Le 7 juin, nous pouvons changer la majorité, et le lendemain, dire à Barroso :
va-t-en avec tes idées libérales, car nous ne voulons plus de ce système qui à conduit nos pays dans la crise. Le rôle du parlement, et donc de sa majorité, sera renforcé après ces
élections. C’est lui qui choisira le futur président de la Commission.
Jamais les socialistes et les sociaux-démocrates européens n’ont été aussi unis. Nous sommes unis sur un
programme, le Manifesto, et demain nous serons unis pour faire vivre une majorité de gauche au Parlement.
Cap Finistère : Quel message souhaites-tu
adresser aux électeurs tentés par l’abstention, ou le vote pour d’autres listes de gauche ?
Martine Aubry : Nicolas Sarkozy, tout comme les leaders des droites européennes, n’ont pas compris les leçons de la crise. Ils
nous font des discours, nous expliquent que quand on veut on peut mais eux ne veulent rien changer ! Ils ont fait ce système des parachutes dorés, des inégalités salariales, de la
finance qui prend le pas sur l’économie réelle.
Je dis aux électeurs, surtout à ceux de gauche, à ceux qui sentent que, et la méthode, et la politique de Nicolas Sarkozy mettent en
danger notre contrat social, de ne pas lui faire le cadeau de ne pas aller voter. S’abstenir, le 7 juin c’est lui donner un passeport, dès le 8 juin au matin, pour continuer à déréguler,
déconstruire, abîmer.
A ceux qui sont tentés de faire passer un message non seulement à Nicolas Sarkozy mais aussi à nous, socialistes, je leur dis de ne
pas oublier que l’Europe ne peut agir, qu’elle ne peut changer les choses dans un sens positif sans une majorité de gauche. Cette majorité, seul le Parti Socialiste Européen peut la
construire.
Je leur dis qu’aujourd’hui aimer l’Europe, c’est vouloir la changer. Alors, changeons là ensemble.
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