L’affaire du voile

La sortie d'un livre de René Pétillon est toujours un événement. Avec "l'affaire du voile" ( Albin Michel ) le dessinateur, originaire du Finistère, fait évoluer son héro Jack Palmer dans l'univers de l'intégrisme islamique.
Cap Finistère : Pour vous, l'affaire du voile c'est, une crise d'adolescence, une manipulation des intégristes ou une manière pour certaines jeunes filles de vivre leurs convictions ?
René Pétillon : Ca peut être ça, mais ce que j'ai voulu souligner, c'est que c'est très souvent une domination de la femme sous couvert de religion. Je pense que très souvent les contraintes, culturelles ou religieuses s’exercent car la jeunesse est influençable. C’est la raison pour laquelle j’étais favorable à la loi sur le port de signes religieux dans les écoles. Je crois qu’il devrait y avoir une majorité religieuse comme il existe une majorité politique de manière à laisser les adolescents et les adolescentes en dehors de ces querelles et qu’ils puissent choisir librement ensuite la manière dont ils veulent vivre leur religion.
Cap Finistère : Votre précédent livre « super catho » se déroulait dans le nord Finistère des années 50. Peut-on faire un parallèle entre ces deux livres ?
René Pétillon : On peut. Les deux parlent du conditionnement de la jeunesse par les religieux. Il est vrai que je me suis inspiré de ce que j’ai moi-même vécu dans ma jeunesse pour écrire « l’affaire du voile ».
Cap Finistère : Que pensez- vous de la polémique à propos de la publication des caricatures de Mahomet ? Et avez vous fait l'objet de menaces depuis la publication de « l’affaire du voile » ?
René Pétillon : En ce qui concerne les caricatures je crois qu’il faut réaffirmer que le principe de la liberté d’expression ne se négocie pas. Si des personnes se sont senties offensées elles peuvent saisir la justice. Les débordements auxquels nous avons assisté sont consternants et ont souvent été le fruit de manipulations politiques.
J’ai personnellement trouvé certains de ces dessins excessifs et, pour tout dire, pas très bons. Mais la liberté d’expression doit s’exercer pour toutes les œuvres.
Je n'ai fait l’objet d’aucune menace.
Cap Finistère : Est-ce parce que vous vous exprimez par le biais de la bande dessinée?
René Pétillon : Oui, ce genre littéraire permet de parler légèrement de choses sérieuses.